M. le Président,
Président de la Coordination Rurale de Midi Pyrénées, je vous écris pour vous faire part de mon indignation vis-à-vis de l’attitude de votre
gouvernement quant à notre syndicat.
Depuis les dernières élections professionnelles aux Chambres d’Agriculture, la Coordination Rurale (CR) est devenue le second syndicat
agricole en métropole en nombre de voix et le second en France entière en nombre de sièges.
Près de 20% des agriculteurs ont fait le choix de nos propositions. Ce vote démocratique a montré que plusieurs syndicats fonctionnaient en
France même si les moyens dévolus par l’Etat aux uns et aux autres sont excessivement déséquilibrés.
Or depuis ces élections, force est de constater que la démocratie fonctionne à deux vitesses dans le secteur agricole. Aucun représentant du
gouvernement ni même du Ministère de l’agriculture ne s’est déplacé aux invitations que nous avons lancées pour notre Congrès annuel. Cette attitude prend l’allure d’un véritable camouflet
lorsque nous faisons le compte des représentants du gouvernement lors des congrès des autres syndicats agricoles, qu’ils soient généralistes ou spécialisés. Dans ce contexte vous comprendrez sans
doute aisément en quoi votre récente participation au dernier congrès de la FNSEA ajoute à notre trouble.
Pourtant, nos idées ne cessent d’être reprises par les autres syndicats et par votre gouvernement, notamment en matière d’autonomie
énergétique des exploitations, d’approche des OGM ou de conception de la PAC. Toutes ces idées ont été lancées, il y a parfois longtemps, à l’occasion de nos assemblées ou congrès.
Il est donc dommage que vous vous priviez du bénéfice de nos travaux par l’absence de représentants des pouvoirs publics à nos
congrès.
Nous avons également travaillé sur des sujets qui vous préoccupent comme celui de la réforme du financement de la protection sociale par une
TVA sociale expérimentée par le secteur agricole. Nous serions d’ailleurs ravis de pouvoir vous faire part directement de nos analyses et projections à ce sujet.
Au soir de votre élection, vous avez promis de « ne laisser personne sur le bord du chemin ». Suite à vos engagements de
moderniser le dialogue social et de réformer la représentativité et le financement des syndicats il est regrettable que vous ignoriez ainsi les 70 000 agriculteurs qui ont donné leur voix à
la Coordination Rurale pour qu’elle les représente auprès de vous. Il est également difficilement compréhensible que vous vous satisfassiez d’une représentation syndicale unique dont les choix
passés ont mis notre agriculture dans le désarroi que nous connaissons aujourd’hui.
C’est pourquoi je compte sur votre soutien et votre engagement afin de rétablir dans les plus brefs délais une réelle démocratie au sein des
représentations agricoles. Certain que vous comprendrez la justesse de ma requête, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
M. Bernard LANNES
Président
de la CR Midi Pyrénées